Samedi Mai 19

SAPA

 

sapa1

 


Superficie: 678,6 km²
Population: 42.000 habitants
Division administrative:
- Bourg: Sapa
- Communes: Hau Thao, Ban Phung,Ta Phin, Nam Sai, Thanh Phu, Sa Pa, Lao Chai, Trung Chai, San Sa Ho, Thanh Kim, Ban Ho, Su Pan, Suoi Thau, Ta Van, Ban Khoang, Ta Giang Phinh, Nam Cang.
Groupes ethniques: Mong, Dao, Tay, Giay, Xa Pho, Kinh, Hoa.
 
SaPa est une ville du Viêt Nam. La ville et le marché  de Sa Pa, chef-lieu du district du même nom, se trouve à 1 500 mètres d’altitude sur un affluent du fleuve Rouge (Sông Hông), dans la province frontalière de Lào Cai à l’extrême nord du Viêt Nam.
 
Sa Pa était jadis un lieu isolé, mais les autorités coloniales françaises y fondèrent un poste militaire et une mission catholique au tournant du XXe siècle. Une station d’altitude coloniale y fut ensuite active durant près de cinquante ans. Sa Pa est aujourd'hui un point d'attraction touristique dans la haute région du nord Viêt Nam.
 
Vers la fin du XIXe siècle, avec la mise en service du lien ferroviaire reliant Hải Phòng à Lào Cai, les montagnards de la région de Sa Pa commencèrent à voir arriver divers groupes participant au projet colonial. Il y eut la mise sur pied d’un poste militaire, puis on vit s'ériger une petite agglomération autour d'un établissement sanitaire, le sanatorium militaire, dont la première construction date de 1913. Afin d’établir cette agglomération sur le site le plus favorable, un hameau hmong nommé Sa Pa fut rasé et ses habitants poussés à se fixer plus loin en amont (aujourd'hui Sin Chai). À Sa Pa, le noyau de la nouvelle agglomération civile fut installé, tandis que le camp militaire proprement dit, dont des ruines sont encore visibles aujourd’hui, fut installé lui sur un promontoire à trois kilomètres au nord-ouest. Pour fournir en denrées de première nécessité les militaires et le personnel médical en poste, ainsi que les officiers convalescents, quelques colons français accompagnés de personnel vietnamien se joignirent à ce noyau dès 1909.
 
Au cours de la décennie 1910, la notoriété  de Sa Pa en tant que station d’altitude pour les Français de Hanoï  va grandissante. Des douzaines de villas privées ou de fonction furent édifiées durant les trois décennies qui suivirent et bon nombre de Kinh furent amenés sur le site pour travailler à leur construction et pour assurer les services de base. La main-d’œuvre non spécialisée se puisait à même la vaste population montagnarde locale, principalement parmi les Hmong de la demi-douzaine de hameaux situés aux alentours immédiats de la station.
 
On ne sait pas à quel moment exactement –  ce fut probablement dès l’installation du poste militaire –  un lieu fut spécifiquement désigné dans le nouveau bourg de Sa Pa même pour accueillir le marché de la région. Il fut installé  où se trouve aujourd’hui le marché couvert intérieur, et consistait en une simple halle ouverte sous un toit de tuiles. Dans sa périphérie immédiate poussèrent les quartiers « annamite » et chinois, tandis que les villas coloniales s'installaient tout autour. Les observateurs de l'époque rapportent que dès son installation, les montagnards se rendaient au marché une fois la semaine, généralement le week-end, pour y échanger les produits forestiers et fauniques, l’opium brut et le bois de cercueil, contre les ustensiles de cuisine, le sel, le fer pour la forge, l’argent pour l’orfèvrerie et les médicaments, ce tant dans les magasins autorisés pas l'État colonial que sur le marché libre. L’administration coloniale taxait les marchandises du commerce transfrontalier et veillait aux secteurs étatisés du commerce tels l’alcool, le sel et l’opium. Par l'intermédiaire des boutiques autorisées des Vietnamiens d’origine chinoise Alim et Macca, l’administration achetait la production locale d’opium de même que celle qui était apportée sur les lieux par les caravaniers. Cet opium brut était alors dirigé sur Hanoï et Saïgon où la Régie générale de l’opium de l’Indochine veillait à sa transformation et à sa mise en marché.

Durant toute la durée de la présence française à Sa Pa, soit de la fin du XIXe siècle jusqu’à 1950, au moment où les dernières troupes françaises abandonnèrent le site, le marché de Sa Pa poursuivit ses activités. S’ajoutèrent à ce fonctionnement de base, à partir de 1920, deux nouveaux secteurs d’échange économique. Le premier, qui existait déjà, mais à plus petite échelle, consistait à approvisionner la station en produits agricoles et forestiers frais en réponse à la demande locale qui doublait durant la période des vacances d’été, période durant laquelle la population française se rendait à la station civile de Sa Pa pour la saison chaude. L’autre nouveau secteur de commerce, moins important sans doute, consistait à fournir en souvenirs et artefacts de toutes sortes, en particulier les textiles, les estivants qu’accueillaient la demi-douzaine d’hôtels et les nombreuses villas qui furent érigées durant années d’activité de la station civile. Dès le début des années 1920, les montagnards de Sa Pa furent inclus, au même titre que les attractions naturelles et l’air vivifiant, dans le discours promotionnel pour le tourisme visant la clientèle européenne du delta.

La station d’altitude de Sa Pa connut une fin abrupte qui se produisit juste après la période de développement la plus intense que connut le bourg au début des années 1940. En effet, durant la Deuxième Guerre mondiale, l’impossibilité de rentrer dans la métropole força les colons, marchands et administrateurs français à prendre leurs vacances en Indochine, causant une demande accrue pour les séjours d’été dans toutes les stations d’altitude. Les projets de développement des infrastructures se multiplient, de nouvelles concessions sont accordées pour la construction de villas. La population s’en trouva augmentée d’autant, non seulement l’été  avec les estivants plus nombreux, mais également durant le reste de l’année en raison de l’arrivée de centaines de réfugiés fuyant la révolution en Chine. Ce second souffle donné à la station s’interrompit brutalement et définitivement avec l'arrivée des Japonais à la suite du coup de force de mars 1945, aussitôt suivie de l'occupation des forces chinoises républicaines en 1945-1946, deux épisodes violents ayant marqué la mémoire des résidents de Sa Pa. Puis vint la guerre d’indépendance en décembre 1946. Après que les civils et militaires français eurent quitté la station pour se replier sur Hanoï fin 1946 et début 1947, les partisans nationalistes sur place, répondant à l’appel du président Hô Chi Minh, s’affairèrent de janvier à juin 1947 à détruire les infrastructures et les bâtiments coloniaux qui auraient pu servir d'abri aux troupes coloniales. Ces troupes furent de retour dès le milieu de l'année 1947, mais elles se montrèrent incapables de tenir la région en dépit du soutien armé d'une partie de la population montagnarde du district. En 1950, Sa Pa est abandonnée au Việt Minh et, suivant la même logique que celle des partisans de 1947, les bombardements aériens français de 1953 terminent l’œuvre de destruction. La ville en ruines, n’y restèrent que des combattants, quelques familles et les rares commerçants capables de maintenir des affaires avec les montagnards des hameaux avoisinants qui, eux, étaient toujours là.

En 1993, quand la haute-région fut ouverte à  la circulation touristique nationale et internationale pour la première fois depuis 1947, on vit se répéter, sur une échelle et à un rythme plus grands encore, une phase de développement du commerce et des infrastructures analogue à celle de l'époque coloniale. En 2006, l'affluence touristique annuelle, qui se chiffrait à quelques dizaines de fonctionnaires du Parti avant 1992, était passée  à 138 622 visiteurs, les trois quarts étant d'origine vietnamienne. La demande en produits agricoles frais s'accroissant, des marchands et intermédiaires kinh s’emparèrent de ce segment du marché, mettant à profit leurs liens commerciaux avec l’extérieur. Enfin, la demande touristique en artefacts – vrais ou faux – crût de façon considérable et de nouvelles possibilités commerciales s’ouvrirent.

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